Une petite rétrospective de la politique du qui est qui au Népal mettra en exergue certaines caractéristiques susceptibles de nous aider à mieux comprendre un mode de vie éloigné du nôtre et toutes les subtilités de cette potée culturelle. La culture népalaise est en effet une espèce de labyrinthe à plusieurs entrées où cohabitent, se croisent, se chevauchent et se connaissent une myriade de religions et de cultures traditionnelles.
Castes et ethnies : premier embranchement
Le Népal compte près de 27 millions d’habitants très inégalement dispersé sur le territoire. On y distingue deux grands groupes : les Indo-Népalais d’une part et, d’autre part, les Tibéto-Népalais. Chacun de ces groupes est composé de nombreuses castes (Indo-népalais) ou d’ethnies et tribus (Tibéto-népalais) exhibant avec une grande fierté leurs différences linguistiques, culturelles et religieuses. La population népalaise ressemble à un véritable patchwork multiculturel contribuant à faire du Népal non seulement un pays aux multiples attraits naturels mais une société d’une infinie richesse.
Les castes
Le Népal est une société de castes. Puisant ses racines dans le système de castes indien, le système de castes népalais, codifié officiellement au XIVe siècle, exerce toujours, malgré son abolition par le Gouvernement en 1963, une influence majeure sur la conduite des gens.
Les castes se fondent sur le principe de la pureté comme critère de différenciation sociale : les castes supérieures sont considérées pures, les castes inférieures moins pures tandis que les « hors castes » sont jutho disent les Népalais, c’est-à-dire impurs. L’appartenance à la caste impose un ensemble d’interdits en ce qui a trait à la manipulation des aliments et de l’eau. Elle régit du même coup les rapports sociaux entre membres des différentes castes y compris les personnes considérées « hors castes » L’appartenance à la caste constitue sans doute le point de repère identitaire le plus significatif pour les Indo-Népalais. Comme en Inde, la caste est héréditaire et endogame (on se marie avec une personne de sa caste). Elle dicte la conduite à adopter avec ses semblables et, plus important encore, avec les gens des autres castes.
Les ethnies
Les Tibéto-Népalais ne constituent pas une groupe homogène. Ceux que l’on désigne ainsi appartiennent en réalité à diverses ethnies qui ont toutefois en commun leur origine mongoloïde et qui parlent des langues ou dialectes de souche tibéto-birmane.
Les ethnies tibéto-népalaises n’adhèrent pas au système de castes hindouiste. Leur organisation sociale repose plutôt sur une division de la société en clans. Les Tamangs en font partie, parmi les kirat, magar, gurung, thakali, etc. Les Tamangs habitent les moyennes montagnes au nord et à l’est de la vallée de Katmandou, notamment les régions du Langtang et du Ganesh-Himal. Selon les plus récentes estimations, cette population compterait environ 1,3 millions d’habitants et constituerait l’une des ethnies les plus importantes au Népal. Ils sont d’origine tibéto-birmane et bouddhistes mais leurs pratiques religieuses témoignent de nombreuses croyances animistes. La communauté tamang est divisée en clans patrilinéaires exogames. Toutefois, certains clans permettent le mariage avec des membres d’ethnies voisines telles celles des Gurungs et des Magars. Les Tamangs sont dans une large proportion agriculteurs et habitent sur des fermes assez isolées. Ceux qui sont venus s’installer à Katmandou travaillent dans la confection de tapis, sont conducteurs de rikshaws ou porteurs. D’autres peignent des thangkas. Ils érigent des temples dans leurs villages de même que des chortens. Ils font appel à des chamans pour conjurer la maladie ou le mauvais sort. Historiquement située au rang le plus bas parmi les populations des Moyennes montagnes, la communauté tamang a été largement exploitée au profit des gens de castes (Brahmanes et Chhetris). C’est une population pauvre. On les reconnait souvent à la bande de tissu qu’ils enroulent autour de teur taille. Les femmes portent souvent des bijoux suspendus à leur nez.
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