Les statistiques obtenues en 2001 (les plus récentes) par le Bureau Central de Statistiques du Nepal estiment la population religieuse à 80,6% d’hindous, 10,7% de bouddhistes, 4,2% de musulmans, les 4,5% restants étant partagés entre les religions dites "minoritaires" : Kirants, Sikhs, Jains et Chrétiens. Dans le Ganesh Himal, la tendance est plutôt au Bouddhisme, ce qui s’explique par la ascendance tibétaine des Tamangs.
En 2002, les statistiques évoquaient 33,1% d’hindous, 65,6% de bouddhistes, 0,0% de musulmans et 1,2% de chrétiens, soit 541 individus seulement. Or, après avoir traversé la région de long en large, nous estimons la proportion de chrétiens à plus de 30%. Ce qui est plus que trop pour ne pas s’inquiéter des stratégies de conversion mises en place par de nombreuses communautés protestantes (évangéliques pour la plupart) américaines, canadiennes et sud-coréennes.
Pourquoi pas si rien n’est en danger...
Le problème est que à ce rythme, dans une génération, les bouddhistes auront disparu. Par ailleurs, ces missions sont générées par le versant radical de la religion, les "islamistes" du christianisme. Interdiction de boire et de fumer, de manger de la viande sacrifiée, de participer aux fêtes des autres religions (surtout de son ancienne confession), obligation de répandre la bonne parole autour de soi (on est acclamé si on parvient à introduire une nouvelle brebis galeuse au sein de l’église), et selon les communautés, interdiction de porter la couleur rouge, ou autres interdictions plus insensées les unes que les autres.
Celui qui ne connaît pas l’existence de Jésus, comme celui qui n’y croit pas, ira en enfer sans appel. Les autres religions sont des maladies qu’il faut - et à tout prix - curer ! La "bonne parole" en est le médicament. Mettons-leur au fond de la gorge comme l’antibiotique au chat. Cette tendance très récente à la conversion chrétienne ne relève pas seulement des avantages économiques et sociaux promis exclusivement aux nouveaux chrétiens (frais de scolarité, frais médicaux, accès à l’électricité, accès au prêts, etc). Ce sont de vrais convertis, prêchant à leur tour les paroles bibliques, dans leur plus chaste interprétation. Ces nouveaux chrétiens, souvent abandonnent jusqu’à leurs prénoms pour ceux des apôtres. Et croyez-moi, ça fait presque mal au ventre de croiser un montagnard népalais voulant se faire appeler john ou luke, qui tente de vous convertir à coups de gros clichés bibliques et de faux miracles mis en scène par le missionnaire non scrupuleux du coin.
Quelque chose se perd, non ?
Le problème est que les népalais, habitués à baigner dans une masse religieuse informe et harmonieuse, se reposant sur les rites de l’une parmi les dieux de l’autre, est plus mystique que religieux à proprement parler. C’est donc une proie facile. Le christianisme ça fait occidental, on a des cadeaux, et il n’y a qu’un dieu. Alors pourquoi hésiter si en plus on arrive à l’adapter à ma culture, qu’elle soit bouddhiste ou hindouiste. Chanter Alléluia en népalais, pourquoi pas si ça aide, donner des bonbons au miel plaît plus aux enfants que les hosties, c’est comme mettre la télé dans l’église, objet si rare et précieux dans les montagnes qu’on attire les foules,... et la foule attire !
le YAK avisé



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