« Santé. Peu de mesures concrètes de protection malgré les seuils d’alerte enregistrés.La norme autorisée est dépassée surtout à Coronmeuse mais aussi au parc de la Boverie. Les autoristés tardent à réagir...
La lutte contre les particules fines est une des priorités du nouveau gouvernement wallon. Mais pas encore une préoccupation des autorités locales. En région liégeoise, pourtant, il est temps d’intensifier la mobilisation. Les relevés sont dans le rouge.
Principalement produites par l’industrie et les moteurs au diesel, en Wallonie, les microparticules en suspension dans l’air nuisent à la santé : elles génèrent ou aggravent les maladies respiratoires (l’asthme, la bronchite chronique), elles augmentent le risque de maladies cardiovasculaires… En cas de pic de pollution, les plus exposés sont les travailleurs en usine, les agents de la circulation, les cyclistes, les automobilistes ou les commerçants de rue… Le risque est connu, mais les autorités publiques tardent à réagir.
La Belgique vient même de tenter – sans succès – d’être dispensée d’appliquer les normes de qualité de l’air imposées par l’Europe, depuis le 1er janvier 2005. La Commission européenne a rejeté la demande belge d’exemption, début juillet, estimant notamment que les autorités wallonnes n’avaient pas démontré avoir pris les mesures qui s’imposaient pour limiter les rejets industriels, singulièrement dans la zone de Liège et d’Engis.
Les relevés des stations télémétriques qui analysent en permanence la qualité de l’air confirment le constat… Six d’entre elles sont dans le rouge, principalement à Coronmeuse et à Engis.
Concrètement, la directive européenne en vigueur fixe à un maximum de 35 le nombre de jours où le taux de particules fines en suspension peut dépasser le seuil de 50 microgrammes par mètre cube d’air… Officiellement, le calcul est établi par année civile. Pour obtenir un état réel de la situation, Le Soir a comptabilisé les dépassements enregistrés sur l’année écoulée, du 1er juin 2008 au 31 mai 2009 (notre infographie). Résultat : sur les sept cabines implantées dans la région, six affichent un dépassement de la norme.
La station de Coronmeuse, boulevard Zénobe Gramme, a même enregistré, à quatre reprises, des seuils d’alerte 2 (1) qui auraient dû inciter les autorités à prendre les dispositions prévues par le gouvernement wallon : report des activités industrielles polluantes, diminutions de production, arrêts de certains procédés générateurs de particules fines, limitations de vitesse (90 km/h sur autoroute, 50 ou 70 km/h sur route), « limiter, voire interdire, la circulation dans les quartiers des zones urbaines fortement polluées », gratuité ou augmentation de l’offre de transports en commun… Autant de mesures qui ne semblent guère avoir été appliquées avec détermination. »
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