le YAK avisé
Namaste

Népal : un état des lieux

lundi 5 octobre 2009, par Ganesha, Tonio

Le Népal a connu de nombreux troubles ces dernières année. Bien que la guerre ( People’s war) soit terminée, la situation politique reste tendue. Les maoïstes ne tiennent pas le pouvoir si fermement qu’il n’y paraissait, les royalistes conservent de nombreuses allégeances, et nombreux sont les groupes à faire valoir des revendications... Tentons d’y voir clair...

Le Népal est toujours à l’heure actuelle l’un des pays les plus pauvres au monde. Malgré d’indéniables ressources naturelles (notamment minières et hydrographiques), l’économie peine à s’adapter au monde moderne. Son relief accidenté, ses rivières capricieuses et ses routes déglinguées rendent difficile l’acheminement des marchandises et des biens de première nécessité. Les habitants dépendent pour l’essentiel de leurs propres ressources agricoles, et d’une manière croissante du tourisme. Les infrastructures sont manquantes un peu partout, et en bien des endroits, la vie n’a pas tellement changé depuis le moyen-âge.

La manne des montagnes.

JPEG - 4.1 ko

De plus en plus, le tourisme attire un grand nombre d’occidentaux qui amènent avec eux de bonnes quantités de devises fortes. C’est tout à la fois une bonne et une mauvaise chose. D’une part, cela permet à nombre de népalais de se sortir de leur situation. Fournissant du travail pour énormément de monde (porteurs, guides, cuisiniers, hôteliers, marchands), l’industrie du trekking s’est une fois pour toute implantée dans le paysage népalais. Comme souvent toutefois, toute cette richesse est mal distribuée. Quelques uns s’enrichissant à outrance et creusent encore nu peu plus le fossé entre riches et pauvres. Les conséquences les plus directes sont une inflation galopante et une économie à deux vitesses, avec de grandes différences sur le prix des produits selon la région (plus cher dans les zones urbaines et dans les régions touristiques). Les fermiers voient leur condition se détériorer, d’autant plus qu’ils sont de plus en plus menacés par les marchés extérieurs.

Odeurs de poubelles.

JPEG - 4.2 ko

La situation est encore plus dramatique à Katmandou, qui connaît depuis trente ans une explosion démographique hors du commun (environ 4 million d’habitants dans la vallée aux dernières nouvelles bien que les sources divergent). La jeunesse vient en effet habiter en ville dans l’espoir souvent déçu de trouver un travail moins ingrat et jouissant d’une plus grande reconnaissance sociale. Or, le manque d’infrastructure, notamment en matière de traitement des déchets, d’hygiène et de soins de santé dans la cité l’a transformée en un immense dépotoir, où les maladies de toutes sortes frappent durement. On y trouve de véritables bidonvilles, où les gens vivent dans des conditions aberrantes, avec un accès limité à l’eau (potable ?), et quasiment sans revenus. Heureusement, de nombreuses organisations travaillent activement pour suppléer à l’urgence quotidienne. Ainsi, sont organisées des distributions de nourriture ou des hôpitaux gratuits. Par rapport à ce dernier point, le manque cruel de médecins népalais aggrave encore la situation.

T’es pas à l’école ?

JPEG - 3.7 ko

L’accès à la formation et à l’éducation est difficile pour les familles pauvres, malgré le grand nombre d’écoles. Dans la campagne, la majorité des adultes est illettrée ; certains ne parlant même pas le népalais (il existe 73 langues et idiomes au Népal. Dans la région du Ganesh-Himal, les gens parlent généralement le Tamang). Toutefois, grâce surtout à une évolution des mentalités, de plus en plus d’enfants sont scolarisés. Il est d’ailleurs étonnant de constater la motivation de ces derniers pour aller à l’école. Il faut dire que les personnes instruites jouissent d’un respect énorme de la part des Népalais.

Bagarres de palais

JPEG - 3.9 ko

Depuis 1996, le Népal était l’objet d’une insurrection dirigée contre le roi Gyanhendra. Réunis sous le nom de Maoistes, les rebelles (d’obédience vaguement communistes) ont conquis petit à petit l’entièreté du territoire népalais, forçant le gouvernement à la reddition, mais au prix de nombreuses vies (15 000 morts en dix ans. On s’accorde à dire que si les Népalais n’étaient pas les gens amicaux et pacifiques que l’ont connaît, ce chiffre aurait pu être beaucoup plus élevé).

JPEG - 5.6 ko

Le népal connaît possède maintenant un système démocratique complet. Le président n’a qu’un titre honorifique (et un rôle de représentation et de médiation), et c’est le premier ministre le réel chef de l’état. Il s’agit actuellement de Kumar Yadav Népal, du Népali Congress. Il a été nommé suite à la démission de Prachendra, l’ancien premier d’obédience maoïste.

Et tout ca pour en arriver à ?

JPEG - 4.4 ko

Toutefois, nous ne pouvons présumer de rien en ce qui concerne l’avenir de la région. Les maoistes, bien que semblant décidés à jouer le jeu démocratique, n’hésitent pas à montrer leur pouvoir en lançant grèves et coup de force, ou en organisant meeting sur meeting. Le pouvoir se jouant avant tout dans la rue, les altercations violentes entres membres de différents mouvements sont fréquentes. Les grèves sont devenues suffisamment courantes que pour affecter sévèrement l’activité dans le pays.

Post-Scriptum

Tout ceci ne forme bien sur qu’un tableau très concis d’une réalité complexe. Malgré de nombreux problèmes cruciaux, le Népal reste une région amicale et préservée, où il fait bon vivre, et où chaque matin accueille le sourire de Shiva...

    Répondre à cet article


    Qui êtes-vous ? (optionnel)
    • [Se connecter]

SPIP | | Plan du site | Contact | s'inscrire | Suivre la vie du site RSS 2.0