1. Prononciation et écriture
Le devanāgarī (sanskrit : देवनागरी) est une écriture alphasyllabaire utilisée pour le sanskrit, le hindî, le népalais, le marâthî et plusieurs autres langues indiennes. C est une des écritures les plus employées en Inde et au Népal. Elle est reconnaissable à la barre horizontale continue sous laquelle sont attachés les caractères.
L’écriture devanāgarī différencie de façon fondamentale les voyelles des consonnes dans le fonctionnement de leur représentation.
L’alphabet et la prononciation étant différente du français, on apprendra d’abord la prononciation par une translittération avant d’apprendre l’écriture correspondante.
1.1. Les Consonnes faciles et la voyelle « a »
1.1.1. Prononciation
a : se prononce comme « but » ou « not » en anglais (a court)
ā : se prononce comme Astérix (a long)
g : se prononce comme Gui
n : se prononce comme Nicolas
b : se prononce comme Benjamin (entre deux voyelles et en fin de mot la prononciation est plus proche d’un « p » avec la bouche fermée)
m : comme le mois de mai
r : se roule comme en italien Maria,
l : se prononce comme Léon
s : se prononce comme Sébastien exemples :
aba (maintenant),
bā (père),
bas (bus),
āmā (mère),
sāl (année) ...
1.1.2. Écriture
Toutes les consonnes représentent en fait une syllabe contenant la voyelle « a ».
–On écrit de gauche à droite.
–Il n’existe pas de majuscule.
Il existe deux symboles pour les voyelles : le caractère de voyelle (car.) utilisé en début de mot,
–après une autre voyelle ou quand la voyelle est isolée et le signe de voyelle (sign.) utilisé après une consonne
ग ga
न na
ब ba
म ma
ल la
र ra
स sa
अ a (car.)
आ ā (car.)
ा ā (sign.)
Il n’existe donc pas de signe pour la voyelle « a » puisqu’elle est inhérente aux consonnes.
Par contre on peut l’annuler en plaçant un virām (`) en dessous de la consonne (cf. l’exemple bas
ou sāl).
exemples :
aba अब
bā बा
bas बस्
āmā आमा
sāl साल्
1.2. Les autres voyelles
1.2.1. Prononciation
i ī : se prononce tous les deux comme dit, « ī » est généralement en fin de mot et tend a être un peu plus long
u ū : se prononce tous les deux comme coup, « ū » est généralement en fin de mot et tend a être un peu plus long
o : se prononce comme dans tôt
e : se prononce comme dans été
ɹ : le r-vocal prononcé « ri »apparaît seulement dans des mots originaire du sanskrit comme le prénom Krishna
exemples :
binā (sans),
ālu (pomme de terre),
āgo (feu),
e (sur, dessus)...
1.2.2. Écriture
इ i (car.)
ि i (sign.) est écrit avant la consonne bien qu’il se prononce après
ई ī (car.)
ी ī (sign.) est écrit après la consonne
exemple :
गि gi-, गी gī-...
ु u (sign.) est écrit au pied de la consonne
उ u (car.)
ू ū (sign.) est écrit au pied de la consonne
ऊ ū (car.)
exemple :
गु gu-,
गू gū...
exception : quand la voyelle u et ū sont jointes à र ont écrit : रु ru et रू rū
ओ o (car.)
ो o (sign.) est écrit après la consonne
े e (sign.) est écrit au-dessus de la consonne
ए e (car.)
exemple :
गो go-,
गे ge- ...
ऋ ɹ (car.) ृ ɹ (sign.) est écrit en-dessous de la consonne
exemples :
binā बिना
ālu आलु
āgo आगो
eए
1.3. Autres consonnes
1.3.1. Prononciation
ch : pressez la langue derrière les dents du dessus et dites « ts » en exercant une forte respiration, un
peu comme un éternuement, atchoum
y : comme dans yes, entre deux voyelles le son est presque inaudible et quand la syllabe « ya »
apparaît avant « t », « n » et « s » elle se prononce comme un « e » accent grave.
h : comme dans aha
ŋ : se prononce comme Tang, n’apparaît jamais en début de mot
ɖ : une des consonnes rétroflexe, se prononce comme un « d » avec la langue roulée (proche du
« d » en anglais)
ɽ : Prononciation proche de « ɖ » avec la langue qui frappe rapidement vers l’avant-bas
d : Se prononce comme le « d » en francais ou le « th » en anglais
ɖarāunu (craindre)
exemples :
chānā (toit)
yi āimāīharū (ces femmes) hāɽ (os)
dui (deux)
1.3.2. Écriture
छ cha
य ya
ह ha
ङ ŋa
ड ɖa et ɽa
द da
pour le différencier de ɖa, ɽa est parfois écrit avec un point en dessous : ड़
exemples :
chānā छाना
yi āimāīharū यी आइमाईहर
ɖarāunu डराउनु
dui दइ
hāɽ हाड़
1.4. Nasalisations
1.4.1. Prononciation
Les voyelles nasales sont produites par le passage de l’air dans les fosses nasales grâce à l’abaissement du voile du palais (velum). Le flux d’air continue en même temps de passer par la bouche. Le processus permettant de passer d’une voyelle dite orale
Ces voyelles existent en francais c’est le cas d’une voyelle suivie d’une consonne nasale (m ou n) :
an, en, in, on, un, ...Mettez vos doigts sur votre nez et pincez-le en disant : « en ». vous sentirez
votre nez vibrer.
La prononciation suit donc le même processus pour toutes ces voyelles nasalisées.
exemple :
ā̃ se prononce comme élan
1.4.2. Écriture
En Népali, la nasalisation est rendue par un signe diacritique qui se place au-dessus de l’akshara.
Ce signe peut être :
• une candrabindu(चनदिबनदु ), ici au-dessus de उ : उँ ;
• un anusvāra (अनुसवार), ici au-dessus de उ : उं.
Ils sont de signification identique. Une solution souvent retenue est d’utiliser l anusvāra quand l akshara n’est surmonté d’aucun signe, la candrabindu dans le cas contraire.
1.5. Diphtongues
1.5.1. Prononciation
әy : Le premier élément « ә » se prononce comme le « a » en anglais dans arise et le second « y » comme « i » dans city. Le total donne quelque chose proche du son « Aïe ».
әỹ : Idem nasalisé.
әw : Le premier élément « ә » se prononce comme le « a » en anglais dans arise et le second « w » comme « ou » dans coup.
әw̃ : Idem nasalisé.
Exemples :
chәyna (n’est pas)
әwlo (malaria)
әw̃lo (doigt)
pәỹtis (trente-cinq)
1.5.2. Écriture
Les diphtongues sont des voyelles
ऐ
exemple : बै bәy
ऐ әy (sign.)
ै әy (car.)
औ әw (car.)
-ौ әw (sign.)
exemple : बौ bәw
Exemples :
छैन chәyna
औलो әwlo
औंलो әw̃lo
पैतीस् pәỹtīs
1.6. Consonnes, suite et fin
1.6.1. Prononciation
kh : un « k » très aspiré, assez proche du Que ? espagnol.
k : proche du « k » en français, pas du tout aspiré.
ʈh : un « t » très aspiré, avec la langue roulée.
ʈ : Une consonne rétroflexe avec la pointe de la langue roulée en arrière.
th : prononciation proche du « t » en français mais légèrement aspiré.
t : se prononce comme tu (consonne dentale non-aspirée).
ph : on le prononce en fermant les lèvres sans interrompre l’expiration, si le son ressemble plus à un « f » les dents du dessus ne doivent pas toucher la lèvre du bas.
p : se prononce comme dans sport (non-aspirée).
c : prononcez le mot tuteur avec la pointe de la langue qui touche les dents du bas.
j : prononcez le mot dz avec la pointe de la langue qui touche les dents du bas.
gh ɖh ɽh dh jh bh : Les équivalents de g ɖ ɽ d j et b, mais fortement aspiré. ɳ : une consonne rétroflexe nasale, souvent utilisé à la place de « n » avant une consonne rétroflexe, beaucoup le prononce exactement comme le n ( avec la langue faiblement roulée en arriere).
ɲ : se prononce comme « ni » dans opinion, consonne palatale nasale qui apparaît surtout avant « c » et « j ».
ʂ : consonne qui apparaît uniquement dans les mots originaire du Sanskrit, prononciation entre « s » et le « sh » de Krishna, beaucoup le prononce exactement comme le s.
ʃ : prononciation comme le « sh » dans le mot anglais ship, beaucoup le prononce exactement comme le s.
v : se prononce généralement comme « b » dans bouquin, quand il se situe apres une autre consonne ou apres « u » il se prononce comme wagon, dans certains mots ou « v » est au début ou dans une position intervocalique il se prononce également « w ».
Exemples :
ʈhūlo (grand)
keʈākeʈi (enfance)
hәy (que ?)
kalam (stylo-bic)
māthi (au-dessus)
tyo (cela)
phul (oeuf)
pasal (magasin)
pā̃c (cinq)
jānu (aller)
aghi (avant)
ɖhīlo (tard)
aɽhāī (deux et demi)
ghaɲʈā (heure)
sodhnu (demander)
bujhnu (comprendre)
bhāt (riz)
uʂā (aube)
paʃu (bétail)
vidyārthī (étudiant, « v » se prononce « b »)
varipari (autour, « v » se prononce « w »)
1.6.2. Écriture
ख kha
क ka
ठ ʈha
ट ʈa
थ tha
त ta
फ pha
प pa
च ca
ज ja
घ gha
ढ ɖha
ढ ɽha
ध dha
झ jha
भ bha
ण ɳa
ञ ɲa
ष ʂa
श ʃa
व va
Exemples :
खै khәy
कनम् kalam
ठूलो ʈhūlo
तयो tyo
फुल् phul
पसल् pasal
पाच् pā̃c
जानु jānu
अघि aghi
ढीलो ɖhīlo
अढाई aɽhāī
सोध् नु sodhnu
बुझ् नु bujhnu
भात् bhāt
घञटा ghaɲʈā
उषा uʂā
पशु paʃu
वरिपर varipari
1.7. Combinaisons de consonnes
Quand plusieurs consonnes sont prononcées d’affilée (sans voyelle intermédiaire), la devanāgarī
utilise des combinaisons de consonnes qui regroupent plusieurs symboles de consonnes. Elle peut
être soit une simple compression graphique des consonnes attachées entre elles, soit un glyphe
entièrement nouveau. Elle peut être complétée d’une voyelle qui s’applique à l’ensemble de la
combinaison créée.
Une combinaison peut aussi être représentée en apposant simplement un virama à la première
consonne.
1.7.1. Regroupement par la droite
Dans le cas général le plus simple, quand la première consonne (en forme pleine) est bordée à droite par un danda, elle est combinée à l’autre en perdant son danda et en se collant à la suivante. De même क et फ voient leur extrêmité droite atrophiée.
Exemples avec perte de la partie droite
1re consonne 2e consonne Combinaison
स + त = स्त
ब + द = ब्द
ष + य = ष्य
क + य = क्य
फ + त = फ्त
1.7.2. Abréviation de la seconde consonne
Dans quelques cas, c’est la deuxième consonne de la combinaison qui est atrophiée, la première
gardant sa forme initiale, la deuxième consonne venant alors se coller en bas à sa gauche.
Exemples avec द, श ou ह en 1re consonne
1re consonne 2e consonne Combinaison
द + व = द्व
द + ध = द्ध
श + व = श्व
ह + म = ह्म
ह + व = ह्व
1.7.3. Le cas de र
La consonne र prend des formes très particulières dans les combinaisons.
Si elle suit une consonne munie d’un danda dans sa forme pleine, र est généralement représentée
sous la forme d un segment oblique accroché en bas à gauche du danda. Lorsque cette consonne
précédente ne comporte pas de danda, र est représentée sous la forme d’un segment ou de deux
segments obliques joints par le haut et attachés sous la consonne précédente en forme pleine.
Quand र précède une autre consonne, elle est représenté sous forme d un arc de cercle courbé vers
la droite, placé en haut à droite de l akshara (c est-à-dire le groupe de consonnes qui suit et qui peut
lui-même former une ligature ou être accompagné d’une voyelle dépendante) à laquelle elle
appartient.
Exemples avec र
1re partie 2e partie Combinaison
प + र = प्र
ग + र = ग्र
ट + र = ट्र
र + त = र्त
र + चा = र्चा
र + र = र्र
प + र = प्र
1.7.4. Cas particuliers
Il existe enfin des combinaisons particulières pour lesquelles les formes initiales sont très modifiées
voire inapparantes, aucune n’est essentielle à la lecture.
citons quand même :
क + ष = क्ष
ट + य = ट्य
ङ + क = ङ्क
ट + ट = ट्ट
द + य = द्य
द + ध = द्ध
क + त = क्त
त + त = त्त
ज ञ ज्ञ -
1.8. Chiffres et ponctuations
० १ २ ३ ४ ५ ६ ७ ८ ९
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
। fin de phrase
॥ fin de paragraphe
॰ symbole d’abréviation
ॐ symbole sacré (om)
le YAK avisé


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