
L’argent apporté par ces visiteurs n’est pas réparti équitablement : ils sont souvent dirigés vers les mêmes itinéraires (Annapurna (59%) ou Everest (25%)), ils passent souvent par des agences de la capitale qui encaissent les plus grands bénéfices, et enfin seuls les locaux capables d’investir dans des infrastructures (hôtels et restaurants) peuvent réellement s’enrichir. Les bénéfices générés sont donc localisés géographiquement mais aussi socialement !
L’environnement souffre, citons en exemple : la déforestation qui s’intensifie, cela entre autres, à cause de la consommation intensive nécessitée par les repas et les douches chaudes des milliers de trekkers qui affluent systématiquement dans les mêmes endroits, ou encore les déchets de l’industrie (piles, emballages) qui s’accumulent de plus en plus dans ces espaces naturels...D’un côté, ces autoroutes à touristes ont du bon. Elles attisent l’intérêt des aides étrangères et elle incitent à la création de structures de gestion comme les parcs nationaux. Dans un autre sens, elles "préservent" également l’environnement et les habitants des autres massifs, vallées, régions.
Cet afflux de masses provoque un phénomène inquiétant d’abandon des valeurs traditionnelles au profit des modèles occidentaux, pas toujours adaptés à la vie rurale. En conséquences, il y a souvent des bouleversements des systèmes sociaux,l’exode rural est galopant...
Il est dès lors pour nous important d’orienter le tourisme comme un facteur de développement social équitable, et de pousser à ce que cette responsabilité revienne en grande partie au voyageur occidental.
GENERALITES
Cartes topographiques
Pour pouvoir explorer la montagne, il est utile (voire nécessaire) d’avoir de bonnes cartes !
On trouve facilement à Thamel des cartes de tous les massifs montagneux du Népal. Cependant, celles-ci sont souvent chères et très approximatives. Les altitudes et les noms y sont souvent faux, ainsi que les sentiers.
On trouve pourtant à Katmandou des cartes topographiques de type IGN. Produites par l’agence cartographique finlandaise, l’échelle de base est au 1 :50000 ( on trouve aussi des 1:25000 sur certaines régions). Elles ont le mérite de respecter les courbes de niveau. Malgré quelques imprécisions, elles sont assez correctes, ce qui permet plus de marge sur les itinéraires à choisir ! Elles sont aussi particulièrement bon marché par rapport à ce qu’on trouve à Thamel, comptez 150 roupies la carte contre 800roupies pour les cartes touristiques...
Ces cartes sont disponible dans deux magasins : Maps of Nepal et Map House. Le premier se trouve à New Baneswor. En venant de Thamel c’est sur votre gauche, 150m avant l’ Everest Hotel. Le second se situe à Thapathali, proche du pont traversant la rivière Bagmati menant au district de Lalitpur (Patan).
Permis, et TIMS
Il est nécessaire de faire un TIMS avant de quitter la capitale. TIMS, c’est le Trekker Information Main System. Il en existe de deux types, bleu pour les touristes qui voyagent avec une agence et vert pour les trekkers "indépendants". Il suffit d’avoir deux photos et de remplir un petit formulaire. C’est gratuit au NTB (Nepal Tourism Board, Exhibition street, Ratna park) dans le petit bureau à gauche en entrant. Attention il n’est utilisable qu’une fois, bien que peu utile...
Il est aussi nécessaire d’avoir un permis pour se rendre dans les Parcs Nationaux ou les Conservation Areas, renseignez-vous , il est parfois possible de l’acheter à l’entrée du parc concerné...
Logement et Nourriture
Dans les endroits déjà fréquentés, on trouve ce que l’on appelle des "lodges". Ce sont de petits refuges-hôtels gérés par des Népalais. Dans les régions touristiques, la capacité d’accueil est parfois incroyable, toutes les maisons ayant été transformé en lodges.
Si l’on sort des sentiers balisés, il faut alors dormir chez l’habitant ou dans des hôtels pour locaux ! Pas de soucis, les Népalais ont gardé leurs habitudes d’anciens nomades et voyagent beaucoup, il existe donc une infrastructure établie. De plus, tout les chemins qui relient les villages sont leurs routes. L’habitude des népalais est de dormir au magasin (passal) du village, mais vous pouvez tout aussi bien vous retrouver chez l’instituteur ou chez n’importe quel autre "notable du village" qui va vous accueillir. Bien entendu, ce type de logement se paye ! Le prix reste généralement modique. Il peut arriver, chez certaines ethnies, que le logement soit à l’oeil. L’école peut aussi être un endroit pratique, car il y a de la place dans les classes. Il faut se lever tôt pour laisser la classe libre !
Le Camping et les Bivouacs sont également possibles. Dans les villages ce sera généralement dans la cour de l’école. En montagne, on trouve dans les alpages pas mal de maisons de bergers dites « Kharkhas » en langage local. Certaines ont des toits, d’autres pas, le confort y est assez variable mais elles offrent du moins la possibilité de s’abriter et de faire du feu...
Nourriture : Dal Bat....C’est ce que tout le monde mange, on ne trouve bien souvent que cela, et c’est la seule nourriture qui vous comblera après une journée de marche...mais rassurez-vous c’est délicieux !!!
Vous pouvez aussi trouver des patates, des œufs, des galettes de farine ( chiapatis ou pain tibétains)... Des fruits sont disponibles dans les basses vallées, plus haut, des habitants gentils vous en donneront peut-être. Enfin soyez imaginatif : de la ciura (riz aplati) ou du riz soufflé dans du thé feront d’excellents ersatz de cornflakes, un lassi est un dessert apprécié par temps chaud, et du riz au lait, ma foi, ca n’est plus tout a fait du riz. La plupart de ces produits sont disponibles partout à des prix ridicules. Si vraiment vous ne trouvez pas de magasin (ca arrive), n’hésitez pas à faire commerce avec les gens du coin.
Porteurs et guides …
On imagine souvent le trek au Népal comme une comme une lourde expédition accompagné d’une troupe de porteurs, guides et cuistots. La nécessité d’une telle logistique est discutable bien que pour des expéditions d’altitude ou pour des treks en régions inhabitées elle puisse être justifiée.
Dans bien des cas elle est superflue voire ridicule. On voit trop souvent des gens se promener seuls ou à deux, suivit d’une troupe de 15 porteurs avec tentes tables et chaises pour en fin de compte dormir devant les lodges où l’on peut se loger s’asseoir et manger contre quelques roupies !
Entendons nous bien : le fait d’engager un staff à des retombées certes intéressantes, on donne du travail à des gens et on lie des contacts avec des Népalais qui nous suivent durant tout le trek, et souvent après.
Voici donc quelques pistes de réflexions :
Il est dommage, par exemple, d’engager tout son staff à l’extérieur de la région visitée (ce qui arrive souvent lorsque l’on passe par une agence), car alors les salaires ne reviennent pas aux locaux qui pourtant, encaissent toutes les retombées négatives de la visite…Il est aussi peu recommandé d’engager une dizaine de personnes lorsque l’on est que deux touristes, dans des régions habitées : avec ce genre de logistique, l’essentiel de la nourriture est acheminée depuis Katmandou, ce qui représente un manque à gagner pour les habitants. Comme on ne peut loger un tel groupe, on se retrouve à camper juste à côté du village, ce qui représente encore un manque à gagner pour les familles qui auraient été prêtes à accueillir les touristes chez elles. De plus, on passe à côté de l’expérience de l’hospitalité…
Par contre, voyager avec un guide népalais, qui fait également office de traducteur, est vivement recommandé dans tous les cas, et il est souvent difficile de trouver quelqu’un, dans des régions reculées, qui parle l’Anglais. Ce guide pourra donc être rencontré à Katmandou mais il est bien, si besoin est, de prendre un ou des porteurs locaux (qui connaissent mieux le chemin mais parle moins bien l’anglais et sont certainement moins au courant des besoins et envies d’un "occidental").
Le choix dépendra donc de la durée et de l’endroit du trek... besoin de tentes ? de transporter de la nourriture ? Un exemple de question à se poser pour choisir : y-a-t-il de l’autonomie ou des passages au dessus de 4000m sans lodges ? Si vous passez par une agence, il est également très important de bien vérifier ce pour quoi vous signez. Beaucoup de gens tombent des nues lorsqu’il découvrent l’allure qu’aura leur trek.
Santé
Voici quelques points importants concernant les précautions sanitaires à prendre, de manière générale, lorsque l’on voyage au Népal. Il importe de prendre une trousse de secours et ses médicaments personnels. Les précautions alimentaires de base sont à prendre comme pour tout voyage dans un pays tropical... Bien que aucun ne soit imposé par le gouvernement Népalais, certains vaccins sont recommandés. Hépatite A et B, Malaria (médicament préventif, pour les basses plaines du sud du pays), Méningite (laissé à l’appréciation de chacun) et être à jour pour le tétanos, la polio et la typhoïde.
Un examen général auprès de votre médecin traitant est vivement conseillé. Si vous avez besoin de médicaments spécifiques, veuillez les emporter.
Pour plus d’informations, appeler (en Belgique) l’Institut de Médecine Tropicale – Tél 0900 10 110
De nombreuses personnes purifient leur eau tout au long de leur trek. Les principaux danger sont des parasites intestinaux qui peuvent être éliminés en une semaine d’un traitement bon marché et disponible un peu partout au Népal. Nous vous conseillons tout de même d’emporter une plaquette de Tinidazole pour lutter contre les amibes et Guiardia. Si vous choisissez de quand même purifier l’eau (à éviter absolument si vous restez longtemps à mon avis), veillez à bien sélectionner la méthode employée. L’iode est toxique lorsque surdosée, et le chlore n’élimine pas la guiardia. La solution est peut-être d’investir dans un purificateur au UV. Pensez aussi que si vous logez chez l’habitant, vous n’aurez sans doute pas l’occasion de purifier quoi que ce soit. Toutefois, l’eau est habituellement potable lorsqu’elle sort d’un tuyau. Si vous avez un doute demandez (sapha pani ho ? en Népalais)
Au sujet des problèmes liés à l’altitude (High Mountain Sickness-Mal Aigu des Montagnes)
Si vous projetez de partir en trekking en haute altitude, vous ressentirez certainement le manque d’oxygène, au dessus de 3500 m, parfois avant : les problèmes liés à l’altitude peuvent chez certaines personnes se déclarer dès 2500m.
Les symptômes principaux du MAM sont :
Classés par ordre de gravité croissante :
Maux de tête.
Perte d’appétit et insomnies.
Fatigue, étourdissement et pertes d’équilibre.
Difficultés d’uriner (urine très jaune).
respiration rauque
Toux sèche, parfois une écume blanche sortant des poumons.
Vomissements
Prévention :
S’hydrater : eau et de thé...
Eviter l’alcool.
Manger de l’ail.
Monter doucement, s’arrêter aussi peut être nécessaire. Dormir plus bas que l’altitude maximum gagnée dans la journée. L’idéal est de monter de 500 m par jour et de faire une pause d’un jour aux environs de 3500 m .
Traitement :
En cas d’accumulation de symptômes, il y a un réel danger de mort. Il est impératif de redescendre au plus vite de plusieurs centaines de mètres, de nuit s’il le faut, si possible sous 2500 m. C’est le seul remède. Ne jamais hésiter à vous confier au guide. Il est là pour vous rassurer et le cas échéant, pour réagir rapidement.
Guide de Trek au Népal
Guide de Trek au Népal Chapitre 1 : Généralités
Guide de Trek au Népal Chapitre 2 : Charte écotouristique
Guide de Trek au Népal Chapitre 3 : le Ganesh Himal
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