le YAK avisé
Namaste

Comment gérer ses déchets au Népal ?

Ou pourquoi j’emporterai dorénavant une pelle...

jeudi 13 août 2009, par Tonio

De plus en plus souvent, les questions environnementales sont au centre de nos interrogations. Les randonneurs que nous sommes sont souvent amenés a devoir gérer notre comportement et leur impact sur les régions traversées. Toutefois, entre la théorie et la pratique, le fossé est parfois grand et il est difficile de mettre en pratique toutes nos bonnes intentions. Nous voudrions donc rouvrir le débat : comment ne pas polluer lorsque l’on est en pleine nature ? Dans un pays comme le Népal, les infrastructures de traitement des déchets sont totalement absentes. Que faut il faire alors des inévitables emballages de noodles, paquets de clopes et autres, lorsqu’on se trouve dans des villages perdus, où on ne trouve pas de poubelles publiques. Cette question est abordée par les guides de voyages ou les règlements des parcs, mais les réponses données sont souvent incomplètes, voire contradictoire ou inapplicables en pratique. Voici quelques éléments de réponses, basées sur notre propre expérience du voyage et de la randonnée. Quoiqu’il arrive, faites pour un mieux, et bon voyage...

Généralement des ordures abandonnées dans un village ou même a Katmandou seront brulées sans autres formes de procès. Dans quelques endroits, les déchets organiques sont sépares et mis au compost ou simplement abandonnés aux rats,mais de manière générale toutefois, il n’existe pas de traitement différencié (selon le type de déchets) au Népal et le plus souvent pas de traitement du tout. Les déchets sont simplement jetés a même la rue et plus personne n’y pense. Même si l’impact de ce genre de pollution est principalement esthétique, il est de bon ton de décourager par l’exemple ce genre de pratiques. Idéalement, il faudrait donc tout remporter en Europe, mais autant dire que personne ne va trimballer a travers les aéroports de vieux papiers gras. Il est cependant indispensable de le faire avec les déchets hautement toxiques, ceux pour lesquels il n existe pas de centre de traitement au Népal et qui sont de véritables poisons : batteries de tous types, vieux matériel électronique, bouteilles de gaz, aérosols. De nombreux objets peuvent être récupérés par des ferronniers de la capitale, faites donc l’un ou l’autre heureux, cela diminuera sans doute le poids de votre sac. Les déchets organiques devraient être compostés, surtout en milieu urbain. Evitez de les abandonner à proximité des points d’eau car cela peut les polluer. Si vous êtes au milieu des bois, n’ayez pas trop de scrupules a laisser derrière vous quelques épluchures, elles seront rapidement absorbées. Vous pouvez accélérer le processus en les enterrant légèrement. Les papiers et cartons peuvent difficilement être recyclés au Népal, mais il est possible de les brûler sans trop de problèmes. Sachez toutefois qu’il peuvent également être compostés. Pour ce qui est des déchets plastiques, il n’est pas conseillé de les bruler : cela forme des composés à grande toxicité et qui sont de plus extrêmement stables. Il est sans doute préférable de les enterrer, afin de laisser la décomposition faire son œuvre. Même ainsi des composes toxiques seront relâchés dans le sol, mais leur durée de vie est moindre, et leur impact amoindri. Si vous optez pour cette technique, prévoyez une petite pelle et choisissez soigneusement le site d’enfouissement : le plus loin possible des cours d’eau, a l’écart des chemins, et assez profond pour ne pas que les animaux viennent les déterrer. Le mieux est comme toujours de réduire à la source les pollutions en limitant au maximum les emballages plastiques. La pratique montre que c’est très difficile, a moins d’oublier de se nourrir. Refusez les sachets plastiques quand vous le pouvez. Vous pourrez sans doute limiter cela en utilisant les ressources de l’habitant (en clair préférez le dhaal bhat aux noodle soup) et en achetant local : ciura (riz presse), fruit et légumes, thé, riz peuvent améliorer votre ordinaire en économisant un peu d’emballages (en plus c’est bon et pas cher). Un autre aspect de cette question est la préservation des eaux. Les besoins hygiéniques nous amèneront a nous laver dans des torrent, à laver notre linge à la fontaine des villages. Nous ne pouvons que vous conseiller d’utiliser les savons les plus naturels possibles. La cendre de bois diluée fonctionne très bien pour la vaisselle Dans la mesure du possible également prévoyez un petit bassin (si vous êtes en randonnée je vous conseille un de ces petits bassins en tissus) qui vous permettra de rejeter les eaux savonneuses non pas directement dans la rivière, mais un peu plus loin sur le sol. Cela permettra un certain filtrage par la terre, qui est plus a même d’absorber ce genre de pollution. Dans tous les cas vous ne pourrez éviter une certaine forme de pollution. Il est à noter que les villageois n’ont pas ce genre de scrupules et balancent allègrement les savons les plus chimiques et les plus polluant directement dans les petits torrent de montagne. Une autre point qui pose problème est celle des besoins naturels. Le potentiel polluants de nos cacas est énorme, car il charrie des germes très transmissibles. Au Népal les maladies gastriques transmises par les fèces sont très répandues, le manque d’hygiène (et de toilettes valables dans bien des cas) offrant un superbe vivier pour ce genre d’affection. Utilisez les toilettes a chaque fois que c’est possible. Leur but n’est pas d’apporter un relatif confort, mais de contenir les excréments afin qu’il ne s en aillent pas polluer les sources proches. Si vous êtes obligés d’aller dans la nature, mettez une certaine distance entre vous et les cours d’eau. On conseille généralement au moins 50 mètres, mais évitez tout endroit qui peut être exposé au ruissellement (pas souvent facile). Essayez aussi de repérer la limite des eaux de printemps, et allez au-delà. Enfin, il est toujours mieux d enterrer le paquet : prévoyez une pelle, et n’hésitez pas a creuser au moins vingt centimètres.

Post-Scriptum

Voilà, j’espère que ces quelques conseils pourront vous aider a mettre au point quelques automatismes dont la nature et les habitants de ce magnifique pays vont remercieront. N’oubliez toutefois pas que ces problématiques sont de vastes problèmes, et qui réclament de vastes solutions. Les soucis de pollutions ne sont qu’un problème parmi d’autres dans les pays en vois de développement, et tout ce que peut faire un humble voyageur est d’amener sa petite brique personnelle. Bonne découverte à vous....

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